HISTOIRE du château

BIARRITZ 1881

Histoire d’un château de rêve

La Folie Boulart…
Une histoire qui a commencé par un rêve
il y a cent quarante ans.
La conjonction d’une volonté, de moyens
et d’acteurs hors du commun qui ont donné naissance à un lieu unique. Lieu magique…
Comme si les fées s’étaient penchées sur son berceau. Une histoire qui mérite d’être contée.

À chaque détour de La Folie Boulart, gravées dans la pierre, sculptées ou forgées, les volutes d’un M attirent le regard: au fronton d’une porte, sous la courbe d’une voûte, dans l’angle d’une corniche, coiffant une grille, au centre d’une mosaïque. Un B et un C parfois s’y mêlent ou s’y substituent, complé- ments harmonieux, nécessaires.

M comme Marthe, B comme Boulart, C comme Charles, M, B et C, les héros de cette histoire: Marthe Darricau devenue Marthe Boulart, la jeune épouse à laquelle Charles Boulart dédie ce palais. La demeure de ses songes: un lieu semblable à nul autre, environné par la nature et qui dit la joie d’exister, d’aimer, qui insuffle à ses habitants une énergie et un goût de la vie.

Charles, le maître des lieux, est un homme d’action. Né à Linxe dans les Landes en 1828, docteur en droit en 1852, il s’associe dix ans plus tard à l’un de ses oncles et devient maître de forges à Castets. Industriel influent, possédant plus de huit mille hectares de pins entre Saint-Paul-les-Dax et Moliets, il est solidement implanté dans sa région : maire de Linxe, conseiller général des Landes, élu député du canton de Castets en 1876 et jusqu’en 1881. Mais cet homme de pouvoir aime aussi passionnément les arbres, la forêt et la chasse; organisateur-né, il crée, de 1850 à 1860, autour du château familial de Linxe un immense parc où il constitue une collection remarquable de végétaux.

Voici qu’en 1865 apparaît la future maîtresse des lieux. Marthe, l’aînée des deux filles d’une famille protestante bordelaise, épouse Charles à Paris. De quinze ans cadette de son mari, la jeune femme est dotée d’un caractère décidé. Par son grand-père Darricau, un général fait baron par Napoléon Ier en 1808, et son père, intendant général sous Napoléon III, elle fréquente l’univers des fastes du Second Empire alors à son apogée. La vie au cœur des Landes lui semble sans doute manquer de bril- lant alors que Charles et elle sont proches du couple impérial. Les séjours de Napoléon et d’Eugénie en villégiature à Biarritz dans la Villa Eugénie attirent Marthe. Elle aimerait côtoyer ce voisinage presti- gieux aimantant une haute société cosmopolite et convainc son époux, qui a la passion de la construc- tion et la fortune nécessaire, de leur faire bâtir une belle demeure au bord de l’océan. Un projet qui ne verra le jour qu’après la chute de l’Empire.

Le choix du couple se porte sur un terrain de cinq hectares dominant le site de Biarritz, à soixante-trois mètres au-dessus de l’océan, sur le point le plus haut de la ville. Le lieu réunit des atouts qui séduisent Charles : une vue panoramique sur l’Atlantique et la chaîne des Pyrénées, les bois, un lac et le paysage environnant lui paraissent garantir la réussite de son ambitieux projet. L’acte d’achat est signé en 1872. Le décor est planté, reste à dessiner le rêve; et à convoquer de nouveaux acteurs.